UN PEU DE TOUT, du rire et du sérieux

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17 novembre 2010

poëmes en vrac .

Classé dans : Lecture(II) — claude alias legonepeint @ 10 h 34 min

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Texte écrit par un inconnu .

Femme, tu pleures ? Qui cherches-tu ? Tu le possèdes celui que tu cherches, et tu l’ignores ? Tu l’as, et tu pleures ? Tu le cherches au-dehors, mais tu l’as au-dedans. Tu te tiens debout hors du tombeau, en larmes, pourquoi ? Où je suis ? Mais en toi. C’est là que je repose, non pas mort, mais l’éternel vivant. Toi-même, voilà mon jardin. Tu as bien jugé en me disant jardinier. Second Adam, j’ai gardé, moi aussi, d’un paradis ma tâche de travailler à faire pousser dans ce jardin  ton âme  des moissons de désirs. Comment ! Tu m’as, tu me possèdes en toi, et tu l’ignores ? Voilà pourquoi tu me cherches au-dehors. Eh bien, me voici. Je t’apparais dehors, mais pour te ramener au-dedans. C’est là, au-dedans, que tu me trouveras.

Je ne suis pas loin de toi, comme tu le penses. Je suis le Dieu tout proche. Dis-moi qu’y a-t-il de plus près pour quelqu’un que son propre coeur ? Ceux qui me trouvent, c’est là, dans leur coeur qu’ils me trouvent : voilà ma résidence.

Auteur anonyme du XIIIème Siècle.

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Comme un voilier qui part dans la lumière du matin

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.

Quelqu’un à mon côté dit :
« Il est parti ! » Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard, c’est tout…

Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un près de moi dit : « Il est parti ! »,
il en est d’autres qui, le voyant poindre à l’horizon et venir vers eux,
s’exclament avec joie :
« Le voilà ! »…

C’est cela la mort.

attribué à William Blake

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(À ma femme.)

Je crois en la Sagesse et la Vertu du monde.
Je crois en la justice immanente. Je crois
En la Vierge Marie et le signe de croix.
Rien n’est vain : Ses douleurs et Ses semences blondes.
Je crois en la bonté de l’homme et de l’enfant,
Les méchants et le mal ne sont qu’une ironie.
Le même rêve entraîne en la même harmonie
La pureté des lys et la goutte de sang.
Tout palpite, tout vit : le doute est un blasphème !
Si le but nous échappe, il existe, il est Toi !
La racine le cherche et le fruit mûr y croit.
Tout est noble et fécond, que l’on fauche ou qu’on sème ;
Tout collabore à l’Ordre, et le Gueux vaut le Roi.
Gloire au grillon caché comme à l’aigle des airs !
L’auguste vérité règne enfin sur la terre !
Je T’aime : je crois !

Pierre AGUÉTANT (1890-1940).

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Le bonheur .

Le bonheur est une plume
La plus légère qui soit.
Il faut l’attraper
Quand elle passe.

Le bonheur se cueille dans l’instant,
Avec précaution
Comme une fleur,
Avant qu’elle ne se fane.

Le bonheur est cette poudre de soie,
Qui passe, légère, devant la lune,
L’effleure, l’enserre,
Et la pénètre de sa paix.

Même fragile, le bonheur
Transfigure les choses insignifiantes,
Il fait oublier le réel,
Alors que la pensée remodèle nos traits.

La joie monte en nous, quand nous la donnons.
C’est cela le moteur du bonheur.
La découverte du bonheur d’aimer
S’ajoute au bonheur d’être aimé.

Et malgré la nuit du monde,
Malgré les destructions,
Tenons notre lampe allumée,
Pour que vive au dehors la lumière du bonheur.

Hélène Ellenberger, Ferveur d’Automne

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Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous.

 

Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,
Où la guerre, la paix, l’amour, la haine, l’ire,
La liesse, l’ennui, le plaisir, le martyre
Se suivent tour à tour et se jouent de nous.
Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous
Sous habits déguisés à malfaire et médire.
L’un commande en tyran, l’autre, humble, au joug soupire ;
L’un est bas, l’autre haut, l’un jugé, l’autre absous.
Qui s’éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,
Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne
Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.
Bref, ce n’est qu’une farce, ou simple comédie
Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant,
Change la catastrophe en triste tragédie.

 

André Mage de FIEFMELIN (1560-1603).

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Ce qu’il faut pour être heureux .

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut, le soir, un souper délectable
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire

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Angoisse

 

Coule la vie, tourne la ronde,
Chaque minute, chaque moment,
S’use le temps,
Infiniment.

Passe la vie, roule le monde,
Chaque seconde, chaque instant,
Saigne mon temps,
Mortellement.

Jacques Henri PREVOST.

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Solitude .

Solitude, sais-tu pourquoi je t’aime ?
Solitude, sais-tu pourquoi je t’attends ?
Solitude, sais-tu pourquoi je t’espère ?
Solitude, sais-tu pourquoi je t’ai apprise ?

En toi, je trouve le refuge face au regard étranger,
En toi, je trouve le silence face à l’inexplicable,
En toi, je trouve la paix face à l’épuisement,
En toi, je trouve celle que je suis devenue.

Avec toi, j’ai parcouru des chemins inconnus,
Avec toi, j’ai parcouru l’espoir et la désespérance,
Avec toi, j’ai parcouru la vie et la souffrance,
Avec toi, j’ai appris à tout réapprendre.

Alors, Solitude, quand ma main tu lâcheras,
Et qu’une main nouvelle viendra se tendre,
Alors, Solitude, souvent mon cœur reviendra,
Car pour aimer, il faut savoir attendre.

Elisabeth Lafont

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La trace sur le sable .

Une nuit, j’ai fait un rêve.
Je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur.
Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte,
la mienne et celle du Seigneur.

L‘idée me vint – c’était un songe -
que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie.
Je me suis arrêté pour regarder en arrière.
J’ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin.
Mais je remarquai qu’en certains endroits,
au lieu de deux empreintes, il n’y en avait plus qu’une.

J‘ai revu le film de ma vie.
O surprise !
Les lieux de l’empreinte unique
correspondaient aux jours les plus sombres
de mon existence.
Jours d’angoisse ou de mauvais vouloir ;
jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur ;
jours d’épreuve et de doute ;
jours intenables…
jours où, moi aussi, j’avais été intenable.

Alors, me tournant vers le Seigneur, j’osai lui faire des reproches :
- Tu nous as pourtant promis d’être avec nous tous les jours !
Pourquoi n’as-tu pas tenu ta promesse ?
Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ?
Aux jours où j’avais le plus besoin de ta présence ?

Mais le Seigneur m’a répondu :
- Mon ami, les jours où tu ne vois qu’une trace de pas sur le sable,
ce sont les jours où, moi, je t’ai porté.
Adhemar de Barros

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Quelques mots sur les couleurs .

Ma vie était une feuille blanche sans valeur.

Le vert m’a donné la croissance,
le rouge l’ardeur,
le jaune m’a appris la loyauté et la droiture,
le bleu la pureté,
le rose m’a offert l’espoir,
le gris léger la tristesse.

Pour terminer cette Aquarelle,
le noir m’imposera la mort.

Depuis,
j’adore la vie parce que j’adore ses couleurs.

Wen Yi-to

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